MEDITATION DIMANCHE 3 MAI 2020

Jean 10/ 1 à 10

Lorsqu’ils quittent les vallées et les plaines pour se libérer d’une chaleur de plomb au cours de l’été, lorsqu’ils rejoignent les estives sur les sommets, les troupeaux avancent au son de la voix du berger. Un cri et la masse des moutons et des brebis se met en branle, un cri et le chien ramène l’animal qui aurait osé l’escapade pour brouter à l’écart une herbe attirante. Une seule voix pour garder réuni les bêtes où l’on ne distingue plus tel ou tel mouton tant le troupeau avance serré vers le lieu de la délivrance puisque là-haut à l’estive, il pourra vivre librement sous l’œil attentif des chiens et des bergers qui ne limiteront plus son espace mais seront là pour le garder des dangers de la montagne.

J’ai toujours aimé voir passer dans la rue du village cévenol de mon enfance la transhumance. Son bruit résonnait au loin et nous le percevions, déjà avertis de son arrivée chez nous par les amis du village voisin qu’il venait de traverser, sa vibration grandissait et le sol disparaissait alors sous une marée de laine. Il y avait le calme de quelques bergers qui semblaient si petits et si fragiles en tête et en queue de la masse compacte en mouvement… On s’amusait à voir les voisines ranger à la hâte la jardinière de géraniums posée sur le rebords de la fenêtre car trop tentatrice pour la brebis, on constatait que tout l’espace de la rue était en un instant habité par des milliers de moutons marchant à l’unisson, … tout cela mené à la voix. Et lorsque le troupeau disparaissait on entendait encore pour un peu de temps cette voix du berger résonant au milieu du bruit des sonnailles.

Ecoute !

Toi qui fait partie du troupeau de l’Humanité, écoute !

Toi qui ne sais de quoi le chemin de la vie sera fait, écoute !

Toi qui aspire à des lendemains qui chantent la vie, écoute !

Le Berger de l’Humanité n’est pas une création des hommes, Il est ton Créateur.

Il n’est pas une voix dans le désert, Il est la voix dans le cœur de ta vie, la voix pour toi. Il t’appelle par ton nom comme Il a nommé Marie de Magdala au jardin du matin de Pâques. Il n’est pas une voix essayant de te tromper, de t’influencer, Il te parle pour t’accompagner et te conduire vers de verts pâturages. Il n’est pas voix punitive pour t’obliger à marcher dans ses voies, Il est voix éducative pour t’aider à marcher dans ses voies.

Ecoute !

Une voix t’appelle,

Toi, oui toi là où tu es.

Avec ton histoire, tes fragilités et tes forces, ta foi et tes doutes,

Avec ta spécificité, tes élans et tes réticences, ta confiance et tes hésitations,

Avec ta richesse et ta pauvreté, tes rêves d’évasion et tes résistances à changer,

Avec ton humour et tes sautes d’humeur, ta joie et tes désillusions,

Parce que tu es une de ses brebis,

Celle qu’Il vient chercher,

Celle pour qui son Fils donna sa vie,

Celle qui a sa place dans le troupeau de l’Eternité.

Oui tel que tu es,

Toi, oui, écoute, Il t’appelle car Il t’aime !

Tu reconnais cette voix ?

Tu fais confiance à cette voix ?

Alors avance vers demain avec Celui qui fait entendre pour toi sa voix,

Suis Celui qui qui connaît ton nom,

Mets tes pas dans les pas de Celui qui ouvre pour toi un chemin de Vie éternelle,

Suis Celui qui te prépare une place,

Sors de tes conforts et prends les sentiers de l’audace et des grands espaces,

Suis Celui qui sait où Il te conduit,

Même si de là où tu es tu ne le vois pas, fais confiance à Sa voix !

Le Bon Berger est venu pour toi,

pour que tous aient la vie en abondance !

Ecoute-Le et suis Sa voix!

Pasteur Olivier Filhol