L’espace atelier de la médiathèque de Condé sur Noireau accueillera une série de trois conférences

données par Jean Guérin

 

 

Wilfried Monod , première conférence le mercredi 11 mars à 20h00 à la médiathèque de Condé

Pasteur à Condé et Christianisme social .

 

 

Une figure phare

  •  

  • Wilfred Monod (1867-1943)  Direction de l’Aumônerie Protestante aux Armées (DAPA)
     

C’est l’une des grandes figures pastorales réformées de la famille Monod (qui en compte beaucoup).

 

Né à la fin du Second Empire, il exerce un Ministère pastoral, d’abord à Rouen, puis à Paris (à l’Oratoire) de type revivaliste. Mais il a surtout pris conscience des problèmes sociaux qui sont liés au développement industriel et il a été immédiatement frappé par l’influence du socialisme en milieu ouvrier, influence dont il redoute le caractère irréligieux. Selon sa formule, l’Église tend à prêcher un Messie sans messianisme, tandis que le socialisme prêcheun messianisme sans Messie. Son exigence est de trouver cette voie étroite qui ne sépare plus le Messie du Messianisme, c’est-à-dire celle qui permet de renforcer l’action sociale de l’Église, d’en faire sa vocation crédible pour le temps présent. Il s’engage alors dans deux voies complémentaires que sont le mouvement du Christianisme social d’une part, le mouvement œcuménique de rassemblement des Églises d’autre part. Le Christianisme social, doté d’une revue brillante, maintenant remplacée par Autres Temps, vise à proposer un programme social que les Églises protestantes devraient s’efforcer de réaliser.

 

Pour ce faire, elles doivent au moins paraître agir ensemble dans le monde de plus en plus laïc. La réalisation la plus visible en a été la création de la Fédération Protestante de France en 1905. Mais la Fédération ne regroupe à ses débuts que peu d’Églises. C’est pourquoi Wilfred Monod s’est engagé activement dans le mouvement de rassemblement des Églises protestantes qu’avait créé en 1908 l’évêque Suédois luthérien Nathan Söderblom sous le nom de Christianisme pratique, lequel tentait d’oublier les querelles théologiques pour se concentrer sur la question sociale.

 

Dans ce contexte, Wilfred Monod s’est aussi efforcé de construire concrètement, localement, le souci œcuménique. C’est la mise en œuvre de la Communauté des Veilleurs en 1923 dont laliturgie a pour fondement les Béatitudes et s’inspire des liturgies de différentes confessions.

 

Parce qu’il ne faisait pas de la rigueur de la problématique théologique sa préoccupation première, Wilfred fut écarté de la Faculté de Théologie de Paris en 1929, ce qu’il ressentit très douloureusement.

 Article : Musée virtuel du protestantisme

 

Pierre Tranquille Husnot , deuxième conférence le mercredi 18 mars à 20h00 à la médiathèque de Condé

 

Paysan scientifique du Bocage

 

Pierre Tranquille Husnot, botaniste français

 

Botaniste français, spécialiste des mousses, Pierre Tranquille Husnot est né en 1840 à Cahan et mort en 1929.

Il voyage en Europe, en Afrique et en Amérique. Il fait paraître Flore analytique et descriptive des Mousses du Nord-Ouest de la France en 1873, Muscologia Gallica, Flore analytique et descriptive des hépatiques de France et des contrées voisines qui paraît de 1884 à 1892 et est réédité en 1922. De 1896 à 1899, il fait paraître Graminées. Descriptions, figures et usages des graminées spontanées et cultivées de France, Belgique, Îles Britanniques, Suisse. Husnot crée la Revue bryologique.

 

 Maximilien Vox , troisième conférence le mercredi 25 mars à 20h00 à la médiathèque de Condé

L’art du livre

 

 

Samuel William Théodore Monod dit Maximilien Vox, est né le 16 décembre 1894 à Condé-sur-Noireau dans le Calvados. Son père, Wilfred Monod, était pasteur de cette petite ville de Basse-Normandie, et sa mère se nommait Dorina Monod.

Elève du lycée Corneille à Rouen, il termine ses études secondaires à Paris. En 1914 il publie des dessins humoristiques dans L’HumanitéFloréalLa Guerre Sociale. Secrétaire de rédaction de la revue de Paul Iribe, Le Mot, il rencontre Jean Cocteau qui y publie des dessins sous le pseudonyme de Jim.

La plupart des illustrations de Vox sont alors signées de pseudonymes transparents : Sam Monod ou Esmono, ce qui irrite sa famille protestante pour laquelle un patronyme ne peut servir à des fins de contestation sociale.

Vox hésite entre Francis Vauxcelles et Maximilien Vox, en utilisant pour un temps simultanément les deux noms, avant de se fixer sur le second. Mais il en trouvera d’autres entre les deux guerres : Léon de Lora, Théophile Romain, Graphicus, Micromégas…

Pourquoi « Maximilien Vox » ? Vox lui-même déclarait avoir absolument oublié ce qui lui avait fait choisir ce pseudonyme, à propos duquel Robert Denoël, qui connaissait ses classiques, écrivait malicieusement à Paul Vialar, le 18 juillet 1945 : « on n’a pas idée de s’appeler Maximilien quand on pourrait briguer la gloire du plus petit conscrit de France ».

 

Suite de cette biographie : Robert Denoël éditeur