Le droit des femmes à disposer de leur corps, même lorsqu’il est reconnu par la loi, n’est jamais définitivement acquis. La majorité sénatoriale vient de juger irrecevable un amendement du gouvernement visant à créer un délit d’entrave numérique à l’IVG. Cette procédure inédite est une nouvelle illustration de la résistance qui s’exerce encore, de multiples manières, à la reconnaissance pleine et entière de leur liberté de choisir d’avoir ou non un enfant.

 

Depuis la loi de 1967 légalisant la contraception et celle de 1975 dépénalisant l’avortement, les adversaires du contrôle des naissances n’ont jamais désarmé. Malgré une législation continuellement renforcée, notamment pour prévenir et sanctionner toute forme d’entrave à l’IVG, ses opposants n’ont jamais cessé de vouloir restreindre ou empêcher l’accès à ce droit fondamental.

 

La bataille idéologique a néanmoins changé de terrain. Elle se joue aujourd’hui largement sur Internet, qui constitue souvent la première source d’information et d’orientation pour les femmes confrontées à une grossesse non désirée. Les groupuscules anti-IVG y prospèrent dangereusement, à la faveur du développement croissant des usages numériques. Si certains activistes y assument clairement leur discours anti-choix, beaucoup avancent désormais masqués, dissimulés derrière des sites d’apparence neutre et objective, voire officielle. Faux-nez d’une idéologie rétrograde mais toujours vivace, ces nouvelles plateformes cherchent délibérément à décourager et culpabiliser les femmes, en diffusant des informations biaisées et trompeuses.

 

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