Dans le football, Dieu sort du vestiaire

 

 

Itay Shechter, après un but pour le Hapoël Tel-Aviv, en 2010.
Itay Shechter, après un but pour le Hapoël Tel-Aviv, en 2010. (Photo Dominic Ebenbichler. Reuters)

 

Tout comme la société, les clubs ont dû s’adapter aux pratiques religieuses. Dans un livre, Nicolas Vilas décrit cette évolution.

 

Jeudi 16 octobre : le football tunisien est en deuil. Nidhal Selmi, 21 ans, défenseur prometteur de l’Etoile du Sahel qui avait quitté les pelouses en douce et rejoint l’Etat islamique avec son frère en début d’année, meurt en Syrie. L’histoire est tragique. Elle aurait pu figurer dans le bouquin de Nicolas Vilas, Dieu Football club, en librairie depuis jeudi. Le journaliste remonte le temps et décrypte les liens étroits entre le foot et le Tout-Puissant. «Je voulais comprendre et expliquer les raisons de cette proximité», dit-il avant d’ajouter : «Aujourd’hui, le grand public prend les joueurs pour des débiles parce qu’ils répondent a des questions débiles. Mais, au travers des rencontres, j’ai pu m’apercevoir qu’ils ont tous un avis sur la religion. Et, lorsqu’on interroge les nombreux croyants sur ce sujet, ils se livrent facilement parce que la religion fait partie d’eux à part entière.»

Mini chapelles. Le football est à l’image de la société. Et le retour en force de la religion ne le laisse pas en marge. Ces derniers temps, il a même été un précurseur dans l’Hexagone. Le débat sur les jeunes Français qui se convertissent à l’islam n’est pas une chose nouvelle dans le vestiaire. Des joueurs de l’équipe de France comme Nicolas Anelka ou Franck Ribéry ont franchi le pas à l’aube des années 2000. Pareil pour la viande halal ou casher. Les joueurs disposent d’un régime spécial dans la plupart des clubs, ceux-ci s’adaptent aux croyances. Il y a même des salles à disposition pour prier ou des mini chapelles pour les évangéliques, souvent brésiliens. Et si tout semble ainsi mis en œuvre pour que les joueurs soient performants sur le terrain, c’est aussi parce que la croyance est une bonne chose pour les clubs, estime un agent sportif réputé contacté par Libération «Les présidents préfèrent acheter des joueurs croyants, peu importe la religion. Un joueur pieu, marié et père, c’est beaucoup plus facile à gérer parce qu’il se disperse moins, même si on n’est jamais à l’abri d’un dérapage.» Puis : «Certains agents poussent leurs joueurs à se marier, à faire des signes religieux sur la pelouse pour être plus attirant sur le marché des transferts même s’ils ne sont pas très pieux. Mais le football est un petit milieu et on repère vite les menteurs.»

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