Depuis le dernier article (début février), Eloïse a effectué un court séjour en France d’une dizaine de jours, notamment  pour un entretien avec la commission des ministères. De retour en Egypte, elle nous livre ses impressions.

18 Avril  2015

A l’aéroport international du Caire, le 2 avril, avant mon départ, j’ai croisé un homme de la paroisse francophone qui accompagnait son épouse. Une première impression : à ce jour et ce genre d’évènement aidant, le Caire n’est plus écrasant de grandeur, ni un dédale, ni un labyrinthe.

Il s’en est passé des choses, en sept mois… L’aéroport en lui-même est pour moi surréaliste : il me donne toujours l’effet d’un sas, entre deux mondes différents.

Un endroit étrange où les gens déambulent dans l’attente de leur voyage.

Avant toute chose, je tiens à remercier tous ceux qui m’ont accueillis pour partager des repas ou goûter, des apéritifs, des sushis ou de pizzas, des discussions, des soirées, un mariage, des débriefings, des coaching, … Un grand merci, ça m’a fait du bien !

Place aux impressions ! Avec une pensée toute particulière aux copains envoyés du Défap qui ne sont pas rentrés « à la maison » depuis longtemps !

 

La France : une vieille amie

 

Tout au long de mon séjour, je n’ai pu m’empêcher de comparer la France à une vieille amie, celle qu’on connait bien. La France, je comprends ce qu’elle dit, ses sous-entendus ou ses coups de gueule. Je comprends son fonctionnement, les codes qui y sont établis, la manière dont il faut se comporter. Je comprends ses subtilités. Je connais ses petits et gros défauts et m’en suis, cette fois-ci assez bien accommodé. Je connais ses trains et ses gares, ses immeubles, ses préfabriqués, ses supermarchés, ses accents, sa multi-culturalité, sa campagne, son odeur après la pluie, ses petits villages francs-comtois, ses églises et le son de leurs cloches, ses pavés, ses universités. Une amie qui a vécu à Buenos Aires disait que, la vie en France, mine de rien, était douce. La douceur de vivre : c’est totalement ce que j’ai ressenti.

 

Melting-pot de ressentis

 

Paris, ce village… Paris, à côté d’un Caire, klaxonnant, bruyant et sale apparait, comme un petit village gaulois paisible. Les voitures ne klaxonnent pas, les gens ne hurlent pas pour se parler, la ville n’est pas si grande, les gens font même des détours pour jeter leurs détritus dans une poubelle prévue à cet effet, il n’y a pas de bousculades dans le métro et il y a des arbres dans la rue et même des parcs. Ma vision de Paris s’en est trouvée donc toute retournée, et la bruine a même eu beaucoup de charme.

Carte bleue en feu. Si on accepte plus volontier les prix d’une bière ou d’un restau, les prix des transports en France restent tout à fait hallucinants. 10 euros pour un aller depuis l’aéroport jusqu’à une station au centre de Paris (au Caire pour aller de chez nous à l’aéroport en Taxi ça coûte entre 25 et 40 L.E, soit 3 et 5€) . Plus de 40 euros un Paris-Lille, soit 1h de train (un aller Le Caire-Louxor, soit 10h de train, ça coûte 55 L.E, soit 6.5€). 14,10 euros  le carnet de dix tickets de la RATP (au Caire 10 tickets de métro coûtent 10 L.E, soit 1.20 €). Combien de koshari on aurait pu s’acheter avec tout ça ?

Où est le wagon femme ? Un tic que j’ai gardé du métro du Caire et qui m’a suivi tout mon séjour : chercher les panneaux pour les wagons femmes sur le quai du métro ou bien se positionner directement dans la partie centrale du quai, puisque c’est là qu’ils se trouvent.

Brasserie française. Mon premier repas français en arrivant était avec mon amie Suzy, du boeuf, des frites, du vin, une ambiance de bistrot, un serveur blagueur, de la pluie par la fenêtre et des gens qui fument hors du restaurant !

Tendre l’oreille. J’ai essayé d’écouter tous les mots susceptibles d’être de l’arabe et tenté de repérer s’il n’y a pas des égyptiens dans le coin.

Entendre malgré soi ce qui se dit dans les transports en commun. Et se rendre compte qu’il n’y a vraiment rien de passionnant à grappiller. En Égypte, en comprenant 10% seulement de ce qui se raconte, j’ai toujours l’impression que les 90% restant sont passionnants … rien n’est moins sûr. Autre remarque : J’ai eu l’impression de redécouvrir un peu la langue française, dans laquelle on parle vraiment beaucoup en argot, de manière figurée, avec des expressions ! « Tu me casses les pieds »; « Je suis mort de fatigue »; « A ras les pâquerettes », « friser le ridicule », « se faire mousser », « ça coûte un bras » … Qu’est-ce qu’il peut bien comprendre à tout ça, celui qui apprend le français ?! J’avoue, ça m’a aussi un peu découragé pour l’apprentissage de l’arabe pour lequel je ne saurais jamais toutes les expressions de ce type…

Goinfre ? Je ne me suis pas goinfrée de pain aux chocolats ou de fromages, finalement. Retrouver la France m’a comblé autrement que par un excès de nourriture !

Normal. Quand on se retrouve avec des personnes qui ont voyagés, entre ceux qui ont fait le tour du monde ou ceux qui ont vécu dans plusieurs pays différents, on se rends compte que c’est pas si exceptionnel, finalement, de vivre en Égypte pour un an. Même si c’est une expérience magnifique, ça permet de relativiser !

L’eau. J’ai souvent pensé « J’ai soif », mais il m’a fallu plusieurs minutes, voire parfois plusieurs heures avant de me rappeler que l’eau du robinet est potable en France !

Les villes. Elles sont belles ! Paris, Strasbourg, Lille. Même si pour les deux dernières c’était des passages éclairs…

 

Et le retour ?

 

Revenir en Égypte m’a paru tout à fait normal. Un – autre – retour à la maison, en somme. Une joie non-dissimulée de retrouver Éline ! Avec un objectif principal : profiter pleinement des mois qu’il reste à vivre et emmagasiner un maximum de choses à garder pour l’avenir !

(Breaking News : Malgré l’exercice traumatisant de l’entretien, j’ai été retenue pour rentrer dans l’année de Master Professionnel, une année de stage, en vue du ministère pastoral !)