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(lieu-dit « le Hamel, Berjou » carte ign)
D’après Mr Eugène Laisné de Néel 1809-1876 (historien), les Lefebvre du Bas hamel viendraient de « La Boderie », autrefois fief roturier relevant du marquisat de Ségrie-Fontaine qui dès le XIII ième siècle appartenait à un Lefebvre.

 

 

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La Boderie (dessin G Lefebvre), se situe sur St honorine la Chardonne

 

 

Ensuite, des documents remontants au milieu du XVIème siècle indiquent 2 branches Lefebvre :

 

1 La branche de la Boderie (Ste Honorine la Chardonne)

2 La branche du Grand Hamel et du Bas Hamel (Berjou) qui donnèrent deux autres branches, celle du Fang et celle de Boisbisson.

Cette famille Lefebvre fait partie des premiers convertis au protestantisme dans le Bocage comme Jacques De Sartilly, seigneur de la Fressengère, Pierre Dupont, Bailli de Condé, sieur de la Garencière, Jean de St Germain, seigneur de Rouvrou, le sire de Vaux et de la forêt Auvray, Antoine de Montchrestien, né à Falaise vers 1575 fut leur chef ; les villages de la Vallée, de la Ménardière, de la Quentinière, de la Gautrais, des Cours furent entièrement protestants. Antoine de Montchrestien fut arrêté aux Tourailles par Mr de Turgot, seigneur des Tourailles qui avait pris le nom de Champeau (De la Ferrière Percy, histoire du canton d’Athis).

Jacques et Mathieu les premiers connus (selon Georges Lefebvre), appartenant à chacune des deux branches, avaient embrassé le protestantisme dès son apparition en Basse Normandie.

 

 

Jacques Lefebvre, sieur du Ravier, épousa Suzanne Payen , dame d’honneur de madame, sœur du roi. Elle était la fille de Guillaume Payen, seigneur de la Poupelière qui fit prêcher pour la première fois dans le pays la Réforme à la chapelle de son château par Germain Berthelot, ministre venu de Jersey (en 1562).

« Susanne Payen fit déposer le corps du pasteur Berthelot, mort en 1598, dans sa chapelle de la Poupelière à coté de celui de son père, mort depuis longtemps déjà. A cause de l’inhumation de Berthelot, la chapelle de la Poupelière fut interdite par l’évêque de Bayeux. Jacques du Radier, petit fils de Guillaume, la fit réconcilier au cours de l’année 1648.(abbé Macé).

Les descendants de Jacques et Suzanne retournèrent au catholicisme. Il en fut de même pour une partie des membre du Grand Hamel.

« Mathieu de la Boderie  (selon Georges Lefebvre), avait aussi embrassé le protestantisme à la même époque, mais retourna peu après au catholicisme » , après la mort de sa femme, Marie de Grésille du château de Saint Sauveur en 1651. Une fois ordonné prêtre en 1653, il s’employa avec dévouement et succès à la conversion des calvinistes, notamment Jacques Lefebvre du Ravier, son cousin et petit fils de Guillaume Payen (abbé Macé 1906). Il en fut de même pour ses descendants ainsi que pour une partie de la branche dite du grand Hamel.

 

«Tel protestant qui redevient catholique est aussitôt pourvu et accueilli tandis qu’auparavant on faisait le vide autour de lui ; comme exemple on peut citer Jacques Lefebvre, sieur du Fang (branche du grand Hamel) qui se fait catholique le 24 11 1685, est nommé collecteur de la taille à Berjou, entretient des relations suivies avec les Poret seigneurs de Berjou, le baron de St Sauveur et le seigneur de la Poupelière Isaac Auvray, parrain d’une de ses filles. »

 

Seul les descendants de Léonard Lefebvre 1618 (Branche du Bas Hamel) semblent avoir été les seuls à garder la religion protestante. Ce fut alors séparation complète entre les membre de cette même famille.
Quelques descendants de cette branche :
Jean Lefebvre 1771-1824 fait construire le Bas Hamel ( l’ancienne demeure, qui ressemblait au manoir de la famille Boisne, à la Boisnerie  Ste Honorine la Chardonne, étant vétuste, est démolie). Il épousa sa cousine Anne Lefebvre  1774- 1833 inhumée au cimetière de la Motte à Athis.

Jules Jean Lefebvre (1803-1889), son fils fut l’un des conseillers presbytéraux signataire le 08 05 1863 de l’acte concernant le terrain donné par la famille Hardy (Velay) à la paroisse protestante pour la construction du temple d’Athis. Il épousa Louise Mélina Lebailly née au Mont à St Honorine la Chardonne. Il ajoute une partie privée au cimetière de « La Vallée » à Ste Honorine la Chardonne.

Georges Lefebvre (1861-1912), le petit fils de ce dernier, vécut au Bas Hamel et fut peintre (quelques toiles sont exposées au musée de Flers). Il fut élève et ami du peintre Georges Jules Moteley (musée de Clécy). Il épousa Céline Darras.  Il fit construire les deux ailes de chaque côté de la maison, lui donnant cet aspect actuel de manoir.

 

Il fit également construire une chapelle au Bas Hamel à l’occasion du décès de son père Jules Jean David (1833-1902) et placer un linteau à la porte d’entrée du cimetière privé de « La Motte » à Athis, ainsi noté :
« Cimetière particulier-propriété de la famille Lefebvre du Bas Hamel 1672-1902 ».

 

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Le nom « Lefebvre » de cette branche du Bas Hamel s’éteint avec la fille unique de Georges : Jacqueline, inhumée elle aussi, dans cette même chapelle.

Jacqueline Lefebvre et Alphonse Marischaël eurent 3 filles : France Walsmit, Janine Hiroux et Annie Lihou.

 

 

Le manoir du Bas-Hamel et sa chapelle n’étant pas autorisés à la visite, il est demandé de respecter la propriété privée et de ne pas y entrer.

 

La famille Lihou vient d’effecteur en 2016, un don de ses archives familiales « Lefebvre » aux archives / Médiathèque de Flers, pour qu’elles intègrent le patrimoine de l’histoire du bocage. Ces archives du XVIe au XIXe sont importantes et compléteront la connaissance de l’implantation du protestantisme en Basse Normandie.

 

Les affrontements , les guerres de religions successives, la non reconnaissance civile, les exodes,  obligeaient  les protestants à garder et cacher leurs documents. Le dernier document, le plus précieux, qu’ils gardaient était leur bible. Ils y écrivaient les naissances, baptêmes, mariage et décès. La famille Lefebvre de Berjou à pu garder ces divers documents, bibles, parchemins, actes, courriers divers dont certains échanges avec la famille partie en exode en Angleterre. Citons ici, certains courriers échangés lors de l’assassinat de la famille Lebailly de la Motte en 1692, histoire connue d’Athis et dont les victimes ont été inhumées au cimetière privé de « La Motte ».

Ce cimetière familial est l’un des plus anciens du bocage et témoigne des difficultés qu’ont dû affronter les protestants de cette époque pour pouvoir enterrer leurs morts puisque le cimetière paroissial leur était interdit, car considéré comme terre consacrée, terre sainte. Cette famille a pu établir un cimetière au milieu des champs  » la Motte », mais la grande majorité inhumait ses morts dans le coin d’un jardin, soit dans son propre terrain, soit dans celui prêté par un coreligionnaire et en ville, dans les cours et quelquefois au fond d’une cave.

 

Il restera à nos historiens locaux et autres chercheurs de partir du travail généalogique, effectué par George Lefebvre (archives de Flers) pour  peut-être encore nous éclairer sur cette période ? Vérifier par exemple, que cette famille est bien parente avec les Le Fevre de la Boderie ou que Mathieu de la Boderie a bien été un temps protestant?

Stéphane Lihou

 

(notes tirées de 2 écrits de Georges Lefebvre du Bas Hamel et de différents essais dont celui de J.Delafontenelle « les protestants du Bocage normand »).