2013, première année de l’Eglise Protestante Unie.

 

Comme le dit Laurent Schlumberger, ça ne change rien, et pourtant ça change tout. Oui ça change tout car aucune année ne ressemble à la précédente, mais surtout nous avons une bonne nouvelle à annoncer et notre Eglise se pose des questions, cherche à apporter soutien, dans et hors de la paroisse.

 

En fait, nous sommes tous pleins de bonne volonté, d’envie, de projets mais parfois, ou souvent, la réalité ne nous paraît pas à la hauteur. Et pourtant je le sens, Dieu est là et nous accompagne dans nos vies, plus que dans les activités ou les célébrations, dans les moments que nous partageons. Je vois dans la paroisse une église qui transmet, je le vois à travers les célébrations de l’année, baptême, confirmation et mariage. Marcher avec Dieu donne du sens à notre vie, c’est ce qui me permet de vous dire que votre vie a un prix à mes yeux et que c’est bon d’être ensemble.

 

En regardant plus en détail ce qui a marqué cette année 2013, vous vous doutez bien que le tableau sera plus nuancé, avec des joies et des peines, des succès et des échecs ? Désolé mais je n’arrive pas à accepter ce mot d’échec, non que je sois un ayatola de la réussite, mais je suis convaincu que si nous croyons en Dieu, nous savons que tout n’est pas perdu ou fini, il y a de l’espoir, un paris d’espérance à relever.

 

Parlons d’abord des hauts et des bas, alors s’il est important de se réjouir quand on est en haut, sachons ne pas perdre espoir quand on est en bas, une Eglise, c’est fait pour ça. Et le mot qui me revient à l’esprit, c’est bien le mot vigilance, une vigilance collective qui nous rend attentifs à chacun. Rester en veille.

 

Je voudrais partager avec vous quelques versets bibliques, dans l’évangile de Marc au chapitre 13 les versets 33 à 37.

Ainsi Jésus nous appelle à rester vigilants, et surtout nous dit que ce n’est possible qu’en groupe, une sentinelle toute seule finit fatalement par s’endormir. J’aurais pu lire également la parabole des dix vierges et nous demander, mais comment se fait-il que les vierges sensées n’ont pas partagé leur huile avec les vierges non prévoyantes ?

 

Soyons vigilants tous ensemble, c’est ce que je retiens pour cette année 2013 avec ses hauts et ses bas. C’est comme quand nous marchons sur un chemin, il est rarement rectiligne, plat ou tout en montée ou rien qu’en descente. Si vous prenez le sentier des douaniers dans le cotentin, ça monte et ça descend. Etre vigilants, c’est dans l’euphorie de la descente, se dire que ça va remonter à un moment ou à un autre et qu’à ce moment là on devra se soutenir pour remonter.

 

Oui en 2013 nous avons vécu des hauts comme avec la visite de Laurent Schlumberger, le stand de la paroisse à Protestants en fête, le bar à cidre 61 verset 14, la marche de pâques, et nous connaissons des bas comme en ce moment les difficultés financières de la paroisse. Je parle des finances en même temps que d’autres activités car cela fait partie intégrante de la vie d’une paroisse. Saurons-nous trouver l’énergie nécessaire pour rebondir ? de nouveaux paroissiens ? De nouveaux donateurs ? Et y aura-t-il plus de monde au culte les années prochaines ?

 

En fait ces questions, à nous de les travailler et de les transformer car nous avons le choix, en craintes ou en espoirs. Certes la crise est là et rend la vie de chacun difficile, mais le fait d’être vigilants nous pousse à rester attentifs les uns aux autres et à savoir partager la bonne nouvelle.

 

Pour commencer d’esquisser une réponse à ces questions, je reprends le slogan que nous avons mis en avant lors de Protestants en fête et qui résulte d’un travail collectif lors des réunions de préparation sur ce qui nous uni : Simplicité de vie et richesse de contacts. Même pour les questions d’argent, pourquoi donner une partie de son salaire à l’église ? pourquoi venir au culte ? je réponds qu’à travers une simplicité de vie que nous partageons, nous développons une richesse de contacts qui font sens dans nos vie, et c’est ça le plus important.

 

 

Et si nous nous posons des questions, c’est une preuve que notre paroisse est en bonne santé, qu’elle est en prise avec les évolutions de la société, l’évolution des modes de vie, de contacts et de communication. Ouvrir la bible n’est pas ringard, j’en veux pour preuve les générations qui composent notre paroisse, enfants, jeunes, adultes et anciens savent partager et être assis à la même table.

Sur les évolutions, je voudrais ici mettre en avant notre site internet, vivant et attrayant par la forme mais aussi par le fond. Alors posons nous la question de sa visibilité, de son utilité.

Plus largement notre paroisse doit se poser des questions sur son ouverture, sa visibilité, quelle évangélisation sommes nous capables de porter ? Quels messages souhaitons-nous délivrer ?

Et plus généralement, comment nous témoignons, nous partageons la Bonne nouvelle ?

Sur ces questions, et pour reprendre l’image du chemin, je ne sais pas si on est dans la descente ou dans la montée, mais en tous cas on avance car nous sommes vigilants sur ces questions.

Pour notre paroisse, cela veut dire où est l’Eglise aujourd’hui ? Où doit-elle être ?

Et pour chacun de nous, quelle est notre place dans l’Eglise ? Dans la paroisse ?

 

Pour nous aider à répondre à ces questions, je vois des messages d’espérance dans plusieurs de nos activités et de nos partages :

Notre engagement dans la transmission, à travers l’école biblique, pizza moquette, nos conférences et débats,

l’oecuménisme et les relations fraternelles, les célébrations, les cultes autrement avec les frères des campagnes,

Les journées d’Eglise et les repas, ce que nous partageons avec nos frères anglais, nos réflexions sur l’évolution des visites.

 

En fait, chacun d’entre nous contribue selon ses talents, avec des talents multiples et complémentaires , mais peut être avons nous peur d’aller vers les autres pour les solliciter, les inviter à nous montrer leurs talents. C’est sans doute là que nous devons oser, donner une impulsion. C’est aussi du rôle du conseil présbytéral que de s’emparer de cette question et d’encourager, solliciter, proposer.

Aucune raison d’être timides, pour moi le visage qu’a notre paroisse c’est une Eglise qui a le sourire.

 

Le dernier point de vigilance que je veux partager avec vous c’est la question de la solidarité. Non que nous n’en fassions pas assez, mais plutot que nous sommes appelés à encore plus de solidarité. Et à travers cette solidarité, nous ne devons pas voir que la dimension financière, il y a aussi les échanges et le partage.

Cette solidarité, nous la vivons dans la paroisse et en dehors de la paroisse avec les engagements de chacun. Maintenant des questions de solidarité se posent pour l’avenir, tout d’abord avec le projet de jumelage avec une église de Zambie, et en élargissant le cercle de la paroisse avec la région et le consistoire. En effet avec le départ d’Yves Noyer en juillet pour un poste dans le nord-Picardie, nous n’aurons sûrement pour l’année prochaine que trois pasteurs au niveau du consistoire. Cela demande de la solidarité pour le pasteur et les paroissiens. Je ne doute pas de nos talents individuels et collectifs. J’ai vraiment confiance en chacun de nous pour faire vivre la solidarité.

 

En conclusion, quel visage de notre paroisse Normande voulons-nous montrer ?

 

Pour reprendre une image, je dirais qu’ici en Normandie, ne nous prenons pas pour des gaulois, repliés dans leur village, car nous sommes plutôt des vikings, peu nombreux dans notre bateau mais prêts à partir à la découverte de nouveaux horizons.

Cette idée de la conquête, au vu de notre foi et de notre culture protestante, nous allons la faire vivre à notre rythme, doucement mais sûrement car Jésus se révèle dans des petits changements, dans le quotidien. Et si la paroisse du bocage se disait, « on va y aller petit à petit ? »

 

Etienne Fels , président du conseil .