Rodoplhe Kowal est pasteur dans une région viticole, le cognaçais (Charente). Le 14 février dernier, avec d’autres habitants de sa ville, il participait à la « marche blanche » de Bordeaux contre l’usage des pesticides dans l’agriculture. Nous lui avons demandé de nous expliquer les raisons de cet engagement

 

Je voudrais relater mon expérience de pasteur prenant une position anti-pesticides dans une Église locale où le sujet est très sensible, dans une région viticole.
Beaucoup de gens sont contre les pesticides ou cherchent à éviter les produits qui en contiennent. C’est la raison d’être de l’agriculture biologique et de tout le réseau de distribution d’aliments bio. Depuis ma jeunesse, quand j’ai quitté le foyer de mes parents, j’ai toujours consommé des produits bio, autant que possible. Ma sensibilité écologique et éthique m’a même poussé à devenir végétarien puis végane – mais ceci est un autre débat ! -. Jusqu’ici, il n’y a rien d’extraordinaire : des centaines de milliers de personnes en France vivent comme ça.
En revanche, quand le pasteur d’une Église locale en milieu rural, constituée en majorité d’exploitants agricoles, se prononce sur un élément important de leur économie, les points de vue divergents s’affrontent dans ce milieu si particulier qu’est la communauté chrétienne. En principe, la communion vécue par les membres d’une Église locale doit dépasser les opinions, les choix et les goûts des individus. L’usage veut, cependant, que ces sujets de discorde soient évités, mais on n’y arrive pas toujours. Ici, un thème estampillé comme “sociétal” est entré dans la conversation d’une assemblée chrétienne. Cela pose quelques problèmes spécifiques, qui doivent être traités théologiquement et avec l’inspiration que donne la foi et la prière. Ce débat est en cours, là où j’exerce mon ministère.

 
Suite de l’article sur « Réseau Christianisme Social » :  christianismesocial.org