Macron, Le Pen : deux visions du monde et de l'Europe bien différentes.

Les électeurs français ne le mesurent pas toujours, mais à l’étranger l’effervescence saute aux yeux. À Berlin, Rome ou Londres, à Bruxelles, New York ou Moscou, rarement élection française aura été autant suivie. Par les chancelleries, les partis politiques, les opérateurs financiers, les électeurs anonymes. Chacun à sa mesure et à travers son prisme particulier, mais toujours avec intérêt et le sentiment croissant d’une interdépendance.

Ce qui se joue en France va peser, et pèse déjà, sur la marche de nos voisins européens. Pour une raison très simple : dans l’ordre européen de l’après-guerre, la France est systémique. Les dirigeants italiens, conscients de la fragilité de leur système bancaire, vont suivre le second tour comme le lait sur le feu. Les populistes d’extrême droite comme d’extrême gauche observent leur parti-frère, à Vienne comme à Madrid. Les opérateurs financiers britanniques scrutent les signes de tempête, avec une inquiétude de moins en moins dissimulée, car un Frexit après le Brexit laisserait tout le monde sans repères.

Mais nulle part la participation au vote français n’est plus vive qu’à Berlin. Aussi bien dans le monde économique que politique. L’hypothèse d’une sortie de la France de l’Union européenne fait peur. Il y a à cela des raisons économiques bien comprises. Des raisons politiques également, le Brexit ayant privé la Chancelière de son partenaire britannique. Mais l’anxiété des Allemands est encore plus profonde. Presque existentielle.

 

Pour lire la suite de l’article de Laurent Marchand : ouest-france.fr