Ça y est, depuis juillet nous sommes sans pasteur et la paroisse doit se débrouiller toute seule. Pourtant, j’ai l’impression que cela n’affecte pas notre paroisse et ne marque pas un coup d’arrêt, et que nous continuons notre chemin. C’est plutôt rassurant. Pour autant le Conseil presbytéral s’est attelé à la tâche dès la fin de l’année pour se mettre en recherche d’un pasteur, ce ne sera peut être pas tout de suite après l’année de vacance pastorale, mais nous proposons un projet cohérent et nous l’espérons attractif.

 

Et dans ce projet que nous allons diffuser, nous avons repris l’arbre du bocage, cet arbre qui représente la paroisse et où nous mettons nos activités, en bourgeons, feuilles, fleurs, fruits ou branches.

 

arbre

 

 

 

C’est cette image de l’arbre que j’ai eu dans la tête dès que j’ai cherché à illustrer cette année 2016 que nous avons vécu ensemble. Un arbre auprès duquel il fait bon vivre.

 

Et le texte biblique qui accompagne cette image de l’arbre se trouve bien évidemment dans Esaïe, au chapitre 11 les versets 1 à 6 que nous allons relire ensemble. C’est le passage de l’arbre de Jessé.

Lecture biblique

 

Oui dans ce texte biblique on voit qu’Esaïe ne perd pas espoir, et que nous aussi nous cherchons et nous espérons voir cet arbre auprès duquel toutes les créatures de la terre pourront trouver la paix.

Cette image est forte mais elle n’est pas trop forte pour rendre compte de ce que chacun d’entre nous peut vivre, que ce soit pour ceux aujourd’hui présents à l’AG, ceux qui n’ont pas pu venir, les distancés de l’Eglise, ceux qui sont loin. En fait cet arbre dont on parle se trouve à un carrefour.

 

Dans notre paroisse, il y a plusieurs types de paroissiens :

 

Il y a ceux qui partent, ceux qui reviennent,

ceux qu’on voit souvent et d’autres dont on prend des nouvelles,

ceux qui nous ont quitté,

ceux qui arrivent,

et il y aussi ceux qui restent.

 

Pour illustrer ce que je viens de dire et mettre quelques visages pour l’année 2016, je citerai Eric qui est parti à la retraite, Eline qui est revenue du Caire, Salomé qui est partie à Brazzaville, Stephane qui a souhaité arrêter son mandat de conseiller presbytéral, les parents qui viennent discuter pendant l’école biblique.

Et il y encore bien d’autres visages que nous avons tous en tête. Et tous ces aller-retours se font sous la bienveillance et le soutien de la paroisse.

 

La paroisse est là pour les uns et pour les autres. A travers les cultes, les journées d’Eglise, les visites, les activités, les baptêmes, les inhumations, les échanges de nouvelles, les projets qui s’élaborent, les cartes et les XmasBox, ce sont les paroissiens qui agissent et qui rendent visible le message de Jésus Christ.

Je reste aussi réaliste et tout ça ne se fait pas sans difficultés, sans quelques râleries, sans quelques soucis de santé, sans des préparations de dernière minute. Mais au final, en regardant dans le rétroviseur de l’année écoulée, notre paroisse peut être sereine et souriante.

 

5

 

 

 

 

Je vois d’abord la vitalité de l’œcuménisme avec le groupe de coordination œcuménique du bocage. Initié au départ avec Eric, le groupe est bien actif et crée une vrai dynamique entre nos communautés protestantes et catholiques sur le bocage. A plusieurs c’est plus facile de se rendre visible et les échanges sont enrichissants. (cf conférence de vendredi dernier à Flers).

 

Il faut également souligner les efforts que fait la paroisse pour être présente dans la vie de l’Eglise Protestante Unie, et ce à tous les échelons, du local au national. Au niveau du consistoire, au niveau régional (conseil régional, synode régional), en participant ou en contribuant aux projets et discussions au niveau national, avec des jeunes qui participent au grand Kiff.

Dès cet automne nous avons organisé plusieurs formations, avec Eric sur les inhumations puis avec Anne Laure Danet sur la prédication. Ces formations ont déjà fructifié.

 

L’année 2016 a été aussi rythmée par notre participation au projet d’écriture de la nouvelle déclaration de foi de l’Eglise Protestante Unie. J’en retiens de vrais échanges et discussions sur ce qu’est notre foi et notre manière de la vivre. Nous avons contribué au niveau de notre église locale et au niveau du synode régional, le projet se poursuit maintenant au niveau national.

Comme pour les discussions sur le sujet de la bénédiction, je reste admiratif de la cohésion que notre paroisse sait garder sur ces sujets fondamentaux tout en permettant l’expression d’avis divers.

 

Je ne peux pas oublier de parler des projets que porte notre Eglise locale, et il y en a plusieurs, voir beaucoup au regard de la taille de notre paroisse. C’est comme si nous étions toujours au printemps avec l’arbre du bocage en bourgeonnement continuel!

Il y a bien sûr ce qu’on fait au moment de l’avent, qui mobilise beaucoup de monde, certe, mais dont le rayonnement est de plus en plus grand. Ce projet s’enrichit régulièrement et pour l’année prochaine nous avons encore de nouvelles idées.

 

Il y a aussi les projets d’aménagement du temple de Condé, des chemins protestants du bocage et d’accueil des étrangers et des exilés que nous avons à faire fructifier. Ces projets avancent peut être doucement mais comme je l’ai appris en Afrique, nous avons le temps avec nous.

 

Quant à notre jumelage avec l’Eglise de Kafué que nous avons du mal à faire vivre, ne perdons pas courage et soyons assurés du soutien de Dieu dans tout ce que nous entreprenons. Nous ne pouvons pas trébucher sur quelques difficultés. A travers l’image de cet arbre de Jessé et de l’arbre de la paroisse, nous voyons bien que finalement, où que nous soyons, près ou loin, la paroisse est là pour les uns et pour les autres.

 

Soyons humbles, nous ne savons pas ce que nous semons et ce que nous faisons ne nous appartient pas. Mais c’est ça aussi qui nous permet d’avancer. C’est comme penser que le loup séjournera avec l’agneau. C’est irréaliste ? Pourtant au travers de ce qu’on vit dans la paroisse nous pouvons voir des signes que c’est possible. C’est une utopie mais c’est cette utopie qui nous soutient.

 

Une autre manière de le dire, c’est de citer une phrase de Théodore Monod sur l’utopie : “L’utopie ne signifie pas l’irréalisable mais l’irréalisé. L’utopie d’hier peut devenir la réalité.”

 

C’est le mystère de la foi qui porte, et notre paroisse, et chacun d’entre nous. Et je ne peux résister à la tentation de citer également le dernier paragraphe de la première version du projet de déclaration de foi sur laquelle nous avons travaillé ensemble :

 

L’Église partage une vérité qu’elle ne possède pas, et qu’elle recherche avec passion. En Jésus le Christ, elle est ouverture au prochain et renvoie, bien au-delà de ses propres insuffisances, au don gratuit de Dieu, à la beauté de sa Parole : à la merveille de sa grâce.

Amen

Etienne Fels , président du conseil.