Vie scolaire, conjugale, professionnelle… La société prône, dans tous les domaines, un refus de l’échec. Il faut réussir, constamment. Comme si cela était possible !

 

Par Christophe Jacon
 

Le philosophe et théologien orthodoxe Bertrand Vergely souligne qu’en France, nous évoluons dans une société qui valorise la performance et le zéro échec. Cela est vrai dès notre plus jeune âge. Le système scolaire français est le plus inégalitaire des pays développés et celui qui compense le moins les déterminismes sociaux (Réforme n°3545, p. 8). Ce n’est pas pour rien que le gouvernement actuel cherche à lutter contre le « décrochage scolaire »… Sans compter que ce refus de l’échec nous poursuit partout.
Il est prégnant tout au long de notre vie professionnelle, bien entendu : un échec dans ce domaine pénalise pour longtemps une progression hiérarchique et salariale. Ce refus de l’échec s’immisce également dans la sphère privée, jusque dans l’intime : l’acte sexuel est tellement conçu comme une performance (sous l’influence de l’industrie pornographique) que les adultes et les adolescents sont nombreux à se sentir en « échec » face à leur partenaire. Dans le quotidien, enfin, de nombreuses personnes sollicitent l’aide de professionnels, psychologue et coach en tous genres, pour leur éviter de connaître l’échec dans leur vie de tous les jours : l’échec des régimes, de l’organisation, du style, de la présentation…

 

La peur, mauvaise conseillère

 

Cette exigence du « zéro échec » fait peur. Pour y faire face, certains mettent en place, volontairement ou involontairement, des stratégies d’évitement : l’immobilisme (ne pas faire avancer le projet en court), la procrastination (remettre au lendemain une action qui doit être faite sans tarder), voire la marche arrière. Toujours, il s’agit de ne pas « essayer », de ne pas faire pour ne pas risquer l’échec. Derrière cette « non-prise de risque », il y a la volonté de se préserver, de ne pas entacher son estime de soi. En un mot : c’est la peur de ne pas être à la hauteur !
Cette peur peut avoir des racines profondes, dans l’enfance. Des parents indifférents à la réussite de leur enfant ou, au contraire, trop exigeants, toujours insatisfaits quels que soient les résultats obtenus, peuvent faire adopter à l’enfant des comportements lui permettant d’expliquer leur attitude : puisqu’ils ne m’aiment pas, je vais faire en sorte de justifier leur « non-amour ».

 
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